n’oublie pas. ou du moins fais semblant de ne pas oublier
personne ne te dit allez viens c’est par là. personne ne te dit allez va jusqu’au bout
on s’est trompé de maison, on s’est trompé de porte
quelqu’un prétend t’avoir vu quelque part
genre gare tes genoux
genre caresse-moi les cuisses
genre en tout genre, mais non
je ne fais pas le poids face à l’apesanteur. je ne fais pas le poids face à mon propre poids
je fais l’effort de m’envoler mais rien, je reste au sol, retenu au sol par deux guibolles et un maigre jet de pisse
la terre d’abord. le lourd et le hideux
tu m’abreuves un mystère
et pourtant il n’y a pas d’autre mystère que celui de la mort, dont chacun de nous présente un visage suicidaire
je m’épouse tu m’épouses. à force de s’épouser, peut-être finira t-on par m’aimer ?
il y a quelqu’un dans mon berceau, et je crois qu’on s’acharne sur lui à grands coups de ciseaux
pas franchement la saison des mirabelles, ceci dit
en s’efforçant chacun de son côté, en persévérant dans son être comme on dit, voire en ressuscitant
on en est arrivé à faire des trucs avec la langue, des trucs avec le sexe. ça nous laissait pas le temps de réfléchir
à la fin c’est l’enclave, le kaliningrad de toute vacuité métaphysique, avec un peu de bleu au nez
ça passera, se rassurait-on en reniflant
autrement dit à quoi bon faire le ménage, quand tout n’étant que poussière
raye le verre, ratisse le sable dans le fond des miroirs…
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