deux biches et trois souillons
revendiquent m'avoir épousé. étrange messe...
j'avale un ch'val, un ch'val me fixe
droit dans les yeux. les yeux c'est quelque chose
et pour tout dire je m'en sors plutôt bien
bref je m'en sors
rien ne m'inspire
sortir du sarcophage pour seulement mimer l'épouvantail. on n'a rien vu
quoi qu'on ait cru voir, on n'a rien vu vraiment
ni venir, ni repartir
peut-être entendu le coucou, une fois ou deux, tout au bout du silence
mais même pas sûr
chaque fois que j'entends la voix d'un enfant je crois avoir ressuscité mais non
la balançoire balance à vide
l'avenue se recroqueville
on dirait un chien se grattant rageusement les côtes,
le pitoyable auvent d'une caravane
en fin d'saison
il reste une huître
à jouir dedans, et s'en foutre des perles
comme de l'accoutumée.
un jour est sans partage, il traîne là
à l'avant-garde d'une armée en déroute - pire:
d'une horde-fantôme.
rêvons. mais rêvons juste
et si seulement vacant-vacance, tu crachais dans le vide, béant-béance
d'un ongle la vertèbre frottée, saisir
l'essence du bonheur, ou faire comme ci
ou faire comme ça
se couper l'ongle par exemple. du pouce par exemple
. et si seulement...
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d’ordinaire
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bouge ton pied d’là, marelle
zoulou chez toi, zoulou partout
dénué de femme, il attaque un talus dénué de femme, il escalade une butte
redevenir soi-même déclenche une chiasse, il s'effraye d'un mouton,
de se retrouver face à soi et de se dire, tu vois, tu l'auras quand même bien cherché
zombie mais pas de n'importe quel genre
zombie mais pauvre, poches trouées
zombie, mais d'ignoble paresse, béate oisiveté
je mets un pyjama, pour voir
il ma colle à la peau, ce pyjama
chacune de mes victoires a déclaré forfait, moindre des politesses.
j'acacia partout, j'acacia tout l'temps - jacacia a dit: levez la patte!
je regarde sur la dalle en béton agoniser le piaf venu
s'éclater contre la vitre. la sainte et maudite
vitre
tu t'achèves, je m'achève
à petits pas, à petit bruit
si je décolles toi tu t'envoles - ne m'est laissé que le choix
de retomber
sur mon nez, mon aisselle creuse
ma verge en toute impunité
- faut bien se lever matin, n'est-ce pas?
hein, n'est-ce pas?
-
renard poisseux ouvre le chemin
je suis tombé
pire que d'un arbre : d'une équation sans
résolution.
on marchait droit - enfin... plus ou moins droit plus ou moins
devant soi
le sexe en devanture
la fuite en couverture
je mange
une tête de mort toute entière, j'aspire par les trous
la moelle d'un songe creux
j'arrive au cœur du truc
comme face à un miroir sur lequel nul reflet
ne me situe, ne me
restitue
pleure sur les marges - peut-être cela les
assouplira t-il un peu.
un peu ronge la baleine. un peu économise
sur le rouleau d'PQ
je chante mais d'une seule corde - me
captes-tu monotone ? à contre-courant. à contre courant de tout et même de
pas de courant du tout
la vitre alloue ses deux faces
à qui s'y cogne, s'y fracasse
deux bords d'un même basculement tant je me trouve à la fois
au-dehors du dedans comme
au-dehors du dehors, poil hérissé
-
l’infâme et sa valise
apparemment là c'est vivant, alors qu'on meurt dedans
dehors poussent les ailes. au-dedans sans un cri tombent les ailes
morflent, s'agenouillent, et se rasent le gland
dehors disais-je poussent les ailes, deux ailes au bord d'une hirondelle
quand l'autre me traverse
chez moi n'est pas chez moi. l'air y fétide
à quel point faudra t-il humilier dieu pour qu'il daigne enfin se relever ? on ne ressent plus la douleur
trop de douleur absorbe la douleur
mort au monde. mort à soi. mort à dieu.
mort sans combat
si on l'dit c'est qu'on est encore vivant, faut pas se plaindre
tous les missiles du monde se sont abattus sur moi. je me suis levé de mon banc
on se remariera bientôt tu m'entends ? on se remariera
bientôt
il y a une mort après la mort, appelons-la marie
ou d'un tout autre nom, peu importe
entre l'éternel et moi que dire ? et que se dire ?
on s'embrasse comme ça, des fois sur la bouche
autrefois sur le trou
je ne veux plus savoir, je ne veux plus vouloir. je ne veux plus qu'éclose ce qui doit éclore
on se tiendra sur le qui-vive. peut-être même, sait-on jamais
que nos regards se croiseront sur le miroir
et alors quoi
-
un cheval s’est mis à braire. je me suis alors su chez moi
c'est que tout s'éloigne, d'un versant comme de l'autre
c'est que, comment dire..., ne se ressemble pas. ni de dos
l'été éclot un mardi. un mardi ça va comme ça
juste avant un mercredi
...
un mercredi ça va comme ça
tu mourras tiens tu mourras
et sinon, tu mourras tiens tu mourras, quand même
même si déjà mort, tu mourras quand même
vivre reprisera les coudes, vivre raccommodera les pertes
les fracas
les pertes et les fracas
et tu mourras vivras. dans les interstices
les liaisons mal agencées, les liaisons mal foutues
rien tient le tire-bouchon, rien
ne s'intéresse à rien
même pas à moi, lequel pourtant...
chien descente, faillite certaine
comme entrée en matière. sinon mon chien sommet, ma hargne lourde
et me voici, tout pimpant,
vide de substance, os sans moelle, tuyau percé
j'insiste mais voilà, j'insiste à vide
un dernier petit tour
de non-magie, à peine consenti
de non-manège. c'est un tout petit tour
de l'univers en large, en long du pâté de masures. vaste fumisterie
la prof affirmait déjà : lolek, vous n'êtes qu'un fumiste
je n'ai même pas de feu. un fumiste sans feu
tant va et vient que viens et vas. tant pis
on s'arrêtera bien quelque part et quelque part alors
s'éveillera, bâillera, s'étirera
recrachant l'herbe et toute la terre
-
à moins qu’il ne s’endorme
le mort perd ses cheveux. on se retient, on se retire afin d'en
tendre le silence, la plage nue
se gratter par ci, se gratter par là, le sang faisant
terribl non: patiemment défaut
- du blanc au blanc ternit le gris
monter les escaliers, ils - les escaliers -
redescendront tout seuls
en suspens dans les airs, raccrochés à je n'sais quoi - une corde une balle, une
plaquette de cachetons
mourir-fusée, respire-planer, j'en ai ma claque
vraiment ma claque
au final, ne demeurent que les choses.
où me manque une ville tu feras un trou dans la carte, ou tu la rayeras d'la piste. tu exhibera mon nombril
en grand
à toute la planète, maudite. au yeux vides de toute la planète, maudite
l'hurle-rouge. rouge-putride
je ne savais pas
je ne savais pas que j'étais, pourquoi être, je ne savais pas
le doigt dans le trou- de nez, de ver, de chatte. ainsi passait le temps
ouvrir en grand le temps
surtout pas faire le con
si quelqu'un se trouvait là alors il n'y est plus
je tâte, il n'y est plus
je tâte pas il
n'apparait toujours pas. je tape : pareil
ne pas s'attendre à une surprise ne pas s'attendre, en général
sauf si rien. ou à peine plus que rien.
à moins qu'il ne s'endorme
-
je mens mais si je mens, je n’attrape rien
tout ce qu'il dit
tout ce qu'il dit ne ressort pas de l'ombre loin de là. il va nulle part
va ou ne va, nulle part
tout ce que l'ombre ne ressort pas du verbe ceci dit
donc tout va bien. tout va
putain de bien
rentre au bercail, au berceau, ne se
pense pas comme un être pourvu en rêves, en ciseaux, pas comme un cerf-volant bas
juste le temps, de se faire la bise ses lèvres contre
ses propres joues acroba-
tiquement, et voilà qu'ça pue l'encens
on meurt à soi trop tard, ne le sais-tu ?
une bribe, de ci de ça qu'importe, un geste inconséquent
à nourrir une hache et puis la désherber, la désosser, je me suis amusé
la tête haute, le sang en vrac
on s'est mis à rêver de quelque chose quelque chose une épingle
dans l'œil du noyé. on s'approche un verdict
à voix basse nous recompose. comme si
nous allions de l'avant. de l'arrière ou d'en-haut comme si
quelque part était où nous pourrions nous rendre
une crasse intime, personnelle, plus ou moins perçue comme
une antinomie à vif.
j'avance d'un pas je tombe à pic, à-pic se remémore
une estrade, une bannière, bref une fière paire de couilles mais non,
rien ne lui revient, aucune vie ne se laissant ré
approprier
-
au pas de chiourme
y avait quelqu’un là qui n’y croyait pas
il aurait bien voulu certes, mais il n’y croyait pas. ne sachant distinguer
l’aile du fond, le oui du non
on le voyait se balancer à la branche ou au trapèze, selon l’adage
comme quoi rien
j’ai jeté le muguet par le hublot. libéré, le muguet
ce qu’enjamber la mort a de commun avec le saut à la perche
ou même à l’élastique
le dimanche, je n’ai donc nulle part où me promener
il manque un trou à ma marelle, il manque un trou à tout ce
qui est censé me couvrir, me recouvrir
un trou de ver à mon linceul par où le feu – non, la lumière
jouir m’appauvrit
les chèvres de mon enclos se sont mises
à me maudire, à comploter, à cracher. elles n’apprécient pas
qu’on les regarde de travers, elles bêlent : nique ta vérité
attention, je suis le mort-au-rats
passer d’une maison à l’autre, d’un enfant à l’autre, d’un trou vide
à une mer calme
parce que ça peut être calme, parfois la mer
chanter toujours du même côté, et du côté où précisément, cela coince
on revient vers soi à la première personne, du moins c’est ce que l’on croit naïvement
ce que l’on croit jeu à gratter
mais non, toujours rien de lumineux à ce clochard
-
ironie broute le matelas
traire la licorne. puis se laver les mains
sans eau, hors salve, d'un destin à la solidité de nain
pas-de-chemin ne nous empêchera pas
de rebrousser
le non élimine le oui. le non élimine le non. manque une chemise
à son bouton
que devient donc le cercle une fois démise
la circonférence ?
bête à bouffer du foin. j'ai du
prendre froid. articuler m'appelle
âne à braire, il tourne, il tourne - le paysage quant à soi
ne bouge pas d'un pouce
l'accent dit grave, en pente l'essentiel
derrière la porte respire l'inconnu
devant la porte, pareillement
la cage, ou toujours plus de vide
que de barreau
au fond du trou j'm'envole, j'm'envole à p'tite allure
c'est mort. le trou du fond c'est mort
avec envie parfois
dieu, ne me ressuscite pas - ressuscite-toi, toi
ne m'abandonne pas à moi - lime-lui l'ongle et la boue
chuter déménage. chuter dégage la vue, optimal poumon
dieu je t'en supplie, ne casse pas la patte
à mon canard
-
tapis roulant, siège éjectable, allez fft
mais comme elles s'oublient. peut-être
n'y ont-elles jamais vraiment pensé
penser brouille la connexion. elles se sont
contentées d'être là, le moment venu
tomber à petites foulées
à travers toute image parle le mort. avec une mâchoire
qui s'ouvre se referme sans émettre d'autre son
qu'un léger claquement de vide, c'est dur
j'ai pris un pied, l'ai balancé devant
puis l'autre, plus en avant encore
et tout cela sans à aucun moment m'extraire de ma peau, de ma
poche fossile, ma poche antimissile, rouge foncé
c'est aride
terriblement aride
une pomme ridée, de face comme de profil
on fait coucou avec la main : "coucou avec la main". il ne
reste rien à pardonner
l'essentiel; l'accent grave. il s'enfonce avec soin
la coquetterie tatouée sur la cuisse. l'os dure
clairière ouverte, volets clos. quelque chose de plus profond encore
en-dedans dure
émerge du charnier
sous le préau, tricycles et parapentes. j'abjure
un ange ma masse les os. jusqu'à ne faire qu'un os
une seule pipe pas de feu :
cette étrange fumée...