on se raccroche à quelque chose. quelque chose coule
un pneu, une couille
la mort au bout du rouleau. et le héros également, tout fier d'un gant.
je m'achète une corde de guitare
sans la guitare évidemment, cela ne rime à rien
tu te souviens de quelque chose, toi ? non, moi je ne me souviens de rien
l'amour une mine, une mine à tout bout d'champ. l'amour une corde.
on s'assoit là et puis l'on reste rien
l'on reste rien, la bouche ouverte
je viens de dire non. non à la forêt qui pousse, non à la pierre
angulaire comme de voûte. je m'arrache une dent or une dent n'importe quoi
mourir à la moindre des choses
le pôle s'endort. t'achètes un bijou j'te nique un doigt
on fera avec ce qu'on n'a pas, définitivement
derrière moi un schéma. devant moi ce néant aberrant
donc tu t'envoles, dans l'infini tout s'envole
dieu toute allure, dieu comme si l'on ne
s'y attendait pas. j'écarte les jambes
j'écarte les jambes, et toujours rien ne vient
je voudrais bien te dire quelque chose - un butte dorénavant, un soleil en mi-teinte
mais rien. non, je n'ai rien à te dire. les ovaires les ovules
et tout ce qui fait pshit
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et tout ce qui fait pshit
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frotte la besace
je voudrais être l'homme auquel
tu ne donnes rien à boire. c'est comme ça tout le temps :
tu te retournes et y a personne. alors que toi aussi réponds absente quand
qui que ce soit se retourne, sans crier gare
des bouches à travers chaque trou, on ne s'en lasse pas.
je me regarde travailler. travailler à ne rien faire.
assume un ch'val, assume enfin
une journée de ta vie claire
penser qu'on s'en sortira comme ça. au pire comme ci. penser
raccommode les trous. les trous vibrant d'eux-mêmes.
c'est la déchute. tout l'monde à terre, c'est la déchute
soluble dans l'insignifiance, je me regarde les doigts d'pieds. je me regarde les trous d'nez.
on meurt à n'importe quoi. n'importe quoi c'est soi, tel qu'il se décrit
je m'apprête à t'aimer, n'importe qui c'est soi
caresse une borne. et puis dans l'autre sens.
si j'étais mort je te dirais quelque chose - une connerie genre... enfin tu vois.
jouir de travers ne nous aura pas grandi. jouir de travers...
et si seulement
et si seulement t'étais morte à ma place, je te
caresserais les cheveux, je te masserais le crâne
- on s'envole on s'envole, mais dans l'infini tout s'envole
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la mourir m’a bouffé l’cœur
je préfère perdre dieu - c'est la façon parmi nulle autre
d'y rester fidèle : mourir de vivre, embrasser sur la bouche
un bazooka en jupe
tu te rappelles quand on n'avait rien, mais alors rien du tout ?
pas un trognon, mauvaise figure, par un temps de flemmard
dieu est-il beau ? dieu m'aime t-il ? j'accouche, soit
mais j'accouche d'un rien, la tête morte
j'ai mangé toutes mes dents, une à une, comme si de rien n'était
dehors est mort, effroyablement mort
dedans la lie remue encore, acharnement neuroleptique
j'te verrouille le visage, j'te racornis l'image, rien n'y fait :
tu resplendis. chiant d'la boue, recrachant la moitié de l'océan, tu resplendis
j'étais pas prêt à ça. je m'étais juste
habitué à rien
toucher du bois mes p'tites fêlures
j'ai tellement peur, sans vraiment comprendre de quoi
mort avant de s'en apercevoir, en tout petit, tout minuscule
petit personnage...
dévorant, l'appétit des vivants pour les défunts
n'en reste que les os
j'ai vendu ma mère, mon père, à un pauvre fabriquant d'jouets
la toupie ma toupie, c'est ma toupie à moi
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les géraniums tremens
une bulle s'ennuie, me roule sur le dos
éclate à mon insu
mon insu. béni soit mon insu
souviens-toi d'un bouée, et coule
coule avec elle, coule de toute ta
verticalité. crécelle à l'agonie, j'crache mon tuyau, à la fin caressant
la joue de n'importe qui, n'importe quelle
je ne sais pas parler autrement, autrement qu'à une douille
la grâce malgré tout, quand malgré tout s'enlise
un désespoir ne viendra pas au bout du deuil, ni lui de lui
on se touche le zizi. on rougit. la peur de soi
nous sauve de l'oubli. pour l'instant.
manette, petite manette sur le côté. comme une narine poussant sur le pied.
de l'étudiant pendu, la chaussette flottante.
j'ai mine de rien. même le miroir
me refuse l'image. je compte mes abonnés, mes abonnés absents
arrache un cri au gris, avant que lui ne te l'arrache
rien là c'est tellement grand
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un truc de fille
scorpion, se parle à soi. crochet d'attelage, le cœur pendant
j'ai mal à ta douleur alors je jouis dedans, je pisse mes dents. d'abord un chien
puis la laisse. l'absence tenant la laisse.
je te touche la nausée, je te caresse la mort
tu ne dis rien
si seulement mais si seulement, on gardait nos paupières
relevées, même retenues par
des pinces à linge, des trombones du fil chirur-
gical et seulement, mais si seulement.
je t'arrache une couille : ton regard toujours aussi doux, aussi triste
la paix en dieu ça n'arrivera pas
avant que l'on tombe tous
subsiste un doute. le silence compact d'une douleur inextricable
tu parles de quoi là ? non mais tu parles de quoi ?
la redevance audiovisuelle, la taxe foncière, les ordures ménagères
un jour un œil s'ouvre. jamais ne se referme. la mort soudain l'agrandissant
démesurément ou je m'égare
mort brune la serpillère
on s'apprête à jouir, on se retient. de toute éternité on se retient. là tout au bord.
torpiller les ballons. on fait semblant de ne rien se rappeler
en chien navré, chien intégral, on s'apporte une cruche
on se verse de l'eau sur le corps l'un de l'autre
-
j’ai tellement aimé tes dents grises. j’ai sucé tes dents grises
marelle pas belle. réussir malgré tout son coup
au rayon viennoiserie reculer, s'écœurer, tâtonner pour un puits solitaire, un tunnel de fortune ou quelque
issue de secours, petit bonhomme vert courant dans son rectangle blanc
j'exècre ta chevelure, j'exècre ta culture - me voici chauve de chez chauve
hautement, et consciemment ignare
vivre s'appelle comme il peut - appelle-moi simplement lolek
ou récidive, quand chien ne garde ou n'y prend garde. l'espace
ne s'embrase pas, et l'on respire un peu
un peu pousse une truie. un peu
remonte le courant, et n'y survivra pas
un poisson hors le flot. un poisson privé d'air. un poisson triste
qui te regarde tristement
que tu regardes tristement
le ciel demeure invisible. le sexe du poisson relâche
l'abdomen se rétracte
tu peux souffler la chandelle
n'ai que le souvenir mais n'existe que sans
lundi mardi jeudi. un homme front contre vide
s'y jette pour que l'en sauve un sursaut
un réflexe de répulsion. mars avril juin, ne te découvre pas d'une tuile. il y aura bien quelqu'un
pour te renifler l'aisselle, morte ou vive
le trou en feu, l'appareil de travers
je n'accepte plus. rien. de rien. je n'accepte plus
tout me traverse, tout me contraint. je laisse faire
je n'accepte plus, donc je laisse faire
la mer abonde. j'ai très peur de me retrouver seul au petit jour, face au vide tout à coup du dedans débordant, et démontant les angles
très peur. cependant je me sens en odeur
d'absorber mon néant
-
faire sans
vivre me bar-tabace
à chaque fois
pour une raison ou pour une autre, probablement pour
nulle raison. il n'y a au final
pas de raison voilà, vivre me
bar-tabace c'est tout
sournoise o mer-tourmente - quand dieu-même ne saurait,
systémiquement, me combler.
néant, plus que néant, rien que néant, au large de l'au-delà
et plus profond encore.
le dé à coudre d'une main, de l'autre l'océan...
chacun son petit bidon, faisant la queue au puits
ta mère jadis, ta mère m'a dit
il faut une vie pour vivre, une vie à vivre, une mort pour mourir mais là fous-moi la paix
mais là fais pas de bruit - laisse-moi, sur le silence étendu,
faire à jamais la planche
j'appelle une berge, une berge s'approche, s'apprête et me lance un "retourne chez toi métèque, et nique ta chèvre"
je lève les bras je ne m'envole pas - mes bras quoi qu'ils brassent
ne sont pas des ailes. je lève la patte ça dégouline de partout, ma patte quoi qu'elle en pense
ne paye pas de mine
alors j'explose et je dis rien, j'explose
d'inconséquence et je dis rien
une nuit je m'imagine. le jour je tombe des nues.
la zone. la mouise. le mitard.
face au miroir se prendre pour soi, comme si de soi, comme si de ça
j'y arrive mais à peine. et à peine y arrivai-je
que déjà foutu l'camp
-
la nuit sans qu’on s’en mêle
concrètement ça s'passe comment
comme en sursis, comme à la mer, c'est à dire qu'on n'en voit pas le fond
seulement l'abrupt
je me fais la courte échelle - concrètement ça s'passe comme ça, je me fais
la courte échasse, la longue malle
pom pom boy et tout ce qui s'ensuit
le billard à trois bandes, les points sur le a
une âcre odeur de sexe
je me suis assis dans un coin. un fleuve ou toute une mer, je ne sais plus
coulait en contrebas
tu danses seul à seule, rajoutant des e muets en queue quasiment de chaque mot
chaque syllabe
chaque lettre orpheline
des bêtes y en a tout l'temps, prêtes à te bondir dessus
ou comment de proie se faire croix, se rendre inattractif
vivre de quelque chose, même en désordre
comme une dame dont on pourrait pincer et tirer le téton
figuier sans figue, raison que n'incommode nul principe
vivre de trois fois rien, à penser qu'en soufflant d'sus, ça finira bien par germer
quoi qu'il en germe
je n'ai pas beau, fatal. je ne maîtrise
pas l'art du souffle, non plus
s'assoupir le bon congé, la vaste lande. s'assoupir du pied gauche
quand tout faisant mystère, transparaît l'évidence...
-
je m’achèterais bien une robe
on se rapproche du lieu, du lieu mourir heureux
sauf que dans l'âme, bien au-dedans de l'âme, ça ratiboise
entre-temps pensais-je, je boîte un pas sur deux
fabrique-moi un jouet, n'importe quel jouet
avec n'importe quoi, ou en n'importe quoi, d'un famille ouvrière
d'un canard au bec tordu, le corps à l'abandon
à l'abandon c'est pas gagné
je ne me souviens de rien, d'un rien mais si confus
tomber se dresse debout, supplier tend ses deux lèvres
t'attends quelqu'un - du tout début jusqu'à la fin de quoi, t'attends quelqu'un
une brouette
l'effort de n'être pas.
repousser l'échéance. enfreindre l'é-
ternité ou du moins ce qu'on en pense, alors même qu'on ne, n'y pense pas
je me réveille, mais ne constate aucune
divergence. presque une similitude, une disons
déroutante similitude...
devant s'attroupe un homme
un humain, pour ainsi dire
la voix chante famine - chante t-elle famine, la voix ?
aucun aucune, ne pousse en soi. d'aucuns d'aucunes
ne pousse en moi, ballerine
-
le vaste infini. détail
je ne pleure pas. je me mets sur le côté et j'attends que
cela passe, j'attends que
cela passe ou non, figé en sa débâcle
nombril en chute libre
tourner en rond
tourner en rond jusqu'à ce que l'esprit se mette à
chauffer: manœuvre préhistorique, attitude foncièrement
anhistorique. une paire de lunettes qu'on balance
par la fenêtre d'un train
rattaché aux humains par les mots
au monde physique par la dévoration
à dieu par l'angoisse, le néant
tout cela commence avec soi - une rivalité sans fin, une
chute ascensionnelle. l'espoir d'un improbable retour
de nulle part vers nulle part, débordant sur les marges
voir les choses telles qu'elles sont avant même qu'elles ne soient ce
qu'elles sont. et passer outre. passer
allègrement outre
on s'apporte à manger. chacun son tour de rôle
on se fait boire, à la gourde ou au sein, selon ce dont
on dispose. on s'attache une corde au vide, on se plante un bouton
d'or sous le menton, rêvant à vague ouverte d'un
esprit sans rêve...
on se rapproche de rien et comme c'est lumineux
abat-jour et train de nuit - ça nous fait combien d'heures déjà, combien de vies?
le rien et la lumière, au-delà même de l'obscène: des noces purement
cérébrales...