beauté triste de la résignation

  pas d'arbre sur cette route
ni de route en cet espace, d'ailleurs
un oiseau de malheur me confond avec le ciel, en ce miroir
descendant, le miroir ascendant, marcher sur le pied d'une ombre cependant
"j'en n'ai pas fait exprès", se défend-elle



lumière suprême, lumière de fond, sœur lumière
des p'tits pipis par ci par là, que l'on relâche dans la nature
je garde quelques dents pour toi, la langue éteinte
la pluie sous son palto dressant le portrait d'une ville



il fait beau tout le temps désormais, même quand il pleut maussade
autrement dit il pleut tout le temps, jusqu'au cœur de la canicule
on s'habitue
à rien. à être sans que cela ne porte
à conséquence. on s'achète un troupeau, on se rend inutile
seul jusqu'à l'au-delà, un peu plus haut encore



touche à sa fin, laquelle moite, et caresse un poteau
il va faire jour c'est sûr il va faire jour - que pourrait-il faire d'autre ?
je ne pensais pas qu'aller nulle part aboutirait à cette éternité-là, d'un regard surplombant
la douleur ancestrale

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