un mort est né avant moi. devant moi se dressera toujours un mort
la mort en poupe, le vent décollant les oreilles, et vice versa
bon an mal an, alors tu choisis quoi – le côté pile ? le côté face ?
quoi que je fasse, et pour autant que je respire, je reste à la remorque d’un mort-soit-il
alléluia ma p’tite maison
alléluia mes gros sabots
j’ai vendu ma maison
j’ai jeté mon cœur aux chiens, les chiens n’en voulurent pas
traçant un cercle bleu sur ma temps, je me suis alors métamorphosé en une sorte de hibou
puis en rien, avec des plumes autour, de hibou dépenaillé
tu me parles
sans doute ne t’attends-tu pas à ce que je parle aussi. aussi ou en retour
or si moi je parle, c’est que déjà je suis mort. que déjà je ne suis plus moi, ni même autre que moi
c’est de cette façon que l’on se tue les uns les autres, que l’on s’exclue
en se parlant les uns les autres, d’une dureté de bouche
je ne suis pas loin d’éprouver quelque chose
après tout un homme est matière à émotion
un homme est matière à tout ce qu’on voudra – c’est son salaire moyen et il est bas, à sarajevo comme à croix de chavaux
plus bas que moi tu meurs, se vante la larme à l’œil
c’est pourtant pas en suivant le courant qu’on remonte la pente, rétorque le dit œil
mon entité est affamée, un insatiable trou
je remets la caresse à demain, je remets la marée à demain, et la mort à plus tard
on s’occupe comme ça, à s’entailler les paumes, à ne mourir qu’une fois sur deux
à ne survivre qu’à la mort, à rien d’autre que la mort

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