voilà – tant qu’une voix résonne c’est que quelqu’un habite encore, la plaque n’est pas scellée
personne ne voudra mourir avec toi, et d’autant moins pour toi
mourir ensemble soulage un peu, mais de pas grand chose au demeurant, et d’à peine plus que l’inessentiel, semblerait-il
quoiqu’il ne semble pas
quoiqu’il ne semble rien
c’est l’impression qu’ça donne
comment un être assez pur pour redonner confiance pourrait-il échapper au massacre ?
on se blottit tout contre nos animaux – on se blottit contre nos bœufs, nos chevaux, contre nos veaux ou nos perdreaux. maudit le froid
un homme m’a parlé d’elle. m’a parlé d’elle à ce propos. mieux vaut éviter de parler de soi en général
même si soi ne mage pas d’pain
un chien m’a bavé d’sus – qu’est-ce que j’y peux ?
je relève une barrière – un train m’a passé d’sus, ou était-ce la frontière ?
je ne ressens aucun plaisir à traîner par ici, aucun plaisir à traîner l’innocence, à la souiller
quand elle lève les yeux au ciel, je m’aperçois qu’il y a un ciel. alors je réalise que le ciel ne sera jamais assez profond
je saigne des yeux. ça me prend dès que ça me prend, je saigne des yeux
je m’avance jusqu’au bord, et qui me dit que je ne tomberai pas ?
je sais que je ne tomberai pas, je me dis que je ne tomberai pas, je me dis que le vide est en moi et non moi dans le vide, ça ne me fait rien vraiment
ça finit par m’être égal
un dieu n’a plus que ça en poche, que ça en poche comme c’est moche
quelqu’un frappe à ma tombe
ça serait quand même étrange en telle situation de craindre les fantômes
quelqu’un se frotte le sexe contre mon visage. je ne comprends pas vraiment pourquoi moi
quelqu’un – il s’agit sans aucun doute de quelqu’un – agite un petit mouchoir blanc dans ce qui semblerait être ma direction
je ne vois pas comment j’aurais pu devenir la direction de quoi que ce soit
j’habite une chambre, de la manière exacte que l’on abrite une tumeur sous son crâne
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