les oiseaux font les mariolles – n’oublions pas qu’ils restent en suspens dans les airs tant d’heures au cours de la journée
et quand ils dorment donc, cessent-ils pour autant d’être mariolles ?
je ne baise plus. je ne baise plus car je ne me compromets plus, le rapport est limpide
limpide la distance séparant la voix de son écho propre, son écho triste
au final il suffit de s’en référer à dieu, ou même à ce qui le surpasse et voilà
le plus profond en moi n’est qu’abîme de lumière – comment dès lors ne succomberais-je pas ici-bas à l’exil, à la trahison, à la démangeaison ?
mon cheval en est un faux, qui galope sur place. je fais semblant de le monter, semblant d’en être fier
la chute, elle, ne ment pas. la chute recense les os
virtuose. avec les genoux quelque peu détraqués
j’attrape en plein vol la queue d’une comète, ça ne m’avance à rien mais bon
ça ne m’avance à rien de baigner dans un bonheur ou dans l’acide gastrique – la moindre image en l’esprit constitue déjà une preuve d’extraversion
tout se trouve en dehors, tout me prive du dedans, le dedans même m’arrache au dedans, lequel reste en dehors
la pluie sur ton gazon, bon, on devra renoncer
on reconstruit des ponts par-dessus le grand vide, des ponts ne reliant aucune rive à aucune autre rive, il n’y a pas de rive
rien qu’un ou des ponts, en construction, ou en déconstruction que sais-je, ne reliant rien à rien
en tout cas pas à moi, ni moi à soi
un chien m’a dit pourquoi changer, et dans quel sens ?
j’ai l’impression de tournoyer sur moi-même, un peu comme une danseuse sur son axe dans une désuète boîte à musique
sauf que ferait défaut la musique
nous luttons contre le froid, luttons tous contre le froid
c’est ce auquel nous nous attelons en toute circonstance : nous luttons contre le froid

Laisser un commentaire