j’ai un homme et j’ai le degré zéro de l’homme – quel est le degré zéro de l’homme ?
je mords un chien. comme je ne sais pas quoi faire je mords un chien. j’écoute une femme
me parler de la fois où un chien l’a mordue au visage – ce n’était pas mon chien puisque je n’en ai pas
ce n’était pas moi non plus, en tout cas pas cette fois
j’ai peur de quelqu’un d’autre. pas de moi : de quelqu’un d’autre
de moi face au néant, ou du néant en moi. de moi face à l’autre, ou encore de l’autre en moi
il y a toute une inaction et de cette inaction on fera une montagne, un sapin sans les boules
ni les guirlandes
le dé vas-y, caresse-moi le dé
dis-moi que tu n’as jamais rien vu rouler comme ça
et tomber de côté
un homme est nu. on soutient donc qu’un homme est nu. on souille sa nudité
sa nudité qui voudrait se cacher, se rendre invisible, afin de parachever cette nudité, de la parfaire
on appuie sur un cheval qui sort et effectivement c’est le cheval qui sort, mais si on appuie sur l’homme nu alors ce n’est plus l’homme, mais seul le cri qui sort
on ne l’entend pas. on a beau tendre l’oreille on ne l’entend pas, le cri
on ne peut pas parler de cri, même étouffé, mais d’une explosion de stupeur, d’un éclat d’étouffé
j’ai mangé ma serviette. tout le temps que tu me torturais le sexe, je bouffais ma serviette
j’ai comme le hoquet là, j’ai comme la vase
qui me déborde de partout

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