mal de dent de l’immanence

  toujours toujours, le côté vide, le dur sans résistance
  après moi la bruine, le cheval sous la bruine, la danse du ventre mou
  il rigole. non vraiment c’est bizarre comme il rigole. il rigole sans les dents

  ne me parle pas
  tout comme tu me caresses le dos avec un gant de fer, ne me parle pas
  mais silencieusement
  en outre. et silencieusement
  outre un gant de silence, ne me parle pas : ne romps pas
  l’impossibilité pure

  j’entends mugir la nuit, la nuit
  torpiller mon essence.
  quelqu’un se met debout, se dresse sur les épaules du néant
  notre appel restera sans réponse, et nous-mêmes ne répondrons à rien
  à rien c’est déjà quelque chose, sauf si toutefois quelque chose n’est rien
  et rien pas grand chose, finalement

  caresse-moi le devant, ça m’occupera un peu
  je me peigne le devant, je me peigne le coude – je me frotte le pouce, pourtant
  quelqu’un ne me raccompagnera pas jusqu’à ma porte
  quelqu’un ne me raccompagnera pas jusqu’à ma chambre
  quelqu’un ne me dira pas son nom

  un monde inhabitable. tout juste hantable. avec une barbe de trois jours
  il manque un peu de table, il manque un peu d’assiette
  les habits du dimanche sont devenus trop courts. c’est factuel
  il manque un peu de hauteur, le ciel a fini par prendre ses distances. logique…

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