manger debout n’est pas un raccourci. vivre assis n’en fera pas un messie
il vague à l’âme, il s’effondre sur le trottoir, se recroqueville où ça, dans un coin, du quotidien évidemment
un coin devient vite son coin, son coin d’absence, de basse lutte
il a la trouille du côté cour
tel un trou où coule un homme : une âme
tiens, j’ai dit une âme
jacadi a dit tiens, j’ai dit une âme, tel un trou où coule un homme
ça fait toujours ça de perdu
et puis ça s’illumine, une âme
il paraît même qu’à la fin, tout comme à la soi-disant origine, ça s’illumine une âme
entre les deux flotte, se débat, ultimement coule un homme
on aurait dit un homme, quoique ce fut en-dessous déjà
d’un homme
plus un enfant cependant – un enfant ça s’asperge, ça éclabousse partout
l’un court dans un sens, l’autre dans l’autre sens, c’est comme ça
il vont jusqu’à se cogner l’un contre l’autre et si cela n’arrive, ils poursuivront ainsi, à l’aveuglette
un jour un testament. à ouvrir. se découvrir déshérité
avancer mais comme à contre courant sur un tapis roulant, sans progresser d’un pas
d’autre part, faire don de soi au paysage
il y a comme une armée de poussière se soulevant contre le rien, et vive le vent d’hiver

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