ou carrément des coquillages

  l’âme s’allume au contact de l’âme, de nature érotique
  du coup je me suis mis à mâchouiller la racine de l’arbre, comme si l’arbre n’était pas déjà mort, de toute éternité mort
  je ne suis pas un homme je suis ce qu’il reste d’un homme, un jeudi sur deux le sac blanc
  un jeudi sur deux le sac jaune

  pas le temps d’avoir un bras en trop, ni même un bras en plus
  tandis que seul je danse le soir, surplombant l’improbable
  je réside sur la rive d’un fleuve étrange, ou je ne réside nulle part

  s’il y a si peu de liberté c’est que nous ne savons que faire de la liberté, alors que la liberté implique de ne savoir qu’en faire
  par exemple je chie sur la pelouse
  je trouve très belle la pelouse
  la pelouse est un lieu propice au hasard métaphysique

  il y a donc une vie après la mort, et elle consiste en la vie tout court, celle d’avant la mort officielle
  tandis que la mort effective évidemment précède toute forme d’expression, de contestation
  la mort, c’est l’état d’anarchie chimiquement pur

  faut tout de même que je me lave de temps en temps, histoire de me croire partie prenante encore d’une humanité supposée
  celle qui émergea dès les premiers rites, funéraires en l’occurrence
  avec de tout petits cailloux en guise de bijoux
  ou carrément des coquillages

 

ou carrément des coquillages

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