dehors est une question

  qu’on se cache, ou qu’on se cache derrière son doigt, l’ombre si frêle
  j’ai un petit noyau dur, tout dur, plus vide encore que le dur
  et rien de plus dur que vide

  je m’attrape une chanson
  ou alors je me raccroche à une chanson – crois-tu qu’elle se déchire quand on l’entonne ?
  j’attaque une chanson. je pense que je lui fais très mal
  humain quel inhumain

  détache-moi la corde
  détache-moi les mains, l’esprit
  admettons que j’aie un esprit, admettons
  que j’aie les mains pleines d’esprit
  et qu’il faille les joindre, les apposer, ou encore les ouvrir
  imagine simplement les ouvrir : quel pigeon, pigeon-pigeonne
  viendrait y picorer ?

  que l’homme fasse silence, c’est tout à son honneur
  plutôt tomber que se baisser, hurler plutôt que se relever
  de rage ou d’impuissance
  entre tomber et se relever : aller faute de mieux aller, de fausse
  note en fausse note

  une lumière m’a avorté
  dehors se contente d’un dedans, mais privé-de-dehors se contente t-il d’un dedans-plus-en-dedans encore, plus rassis ?
  je vais je tends la main je touche des doigts – peut-être les miens propres quoique j’en doute
  peut-être ma teub, or ma teub tombe à l’eau

  un cheval est suprême, et donc on décapite un cheval suprême
  après ça on prétendra que je m’ennuie
  on s’apercevra même pas que je, qui que sois je, suis parti
  parti j’ai dit parti

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