tout part d’un ventre creux

  j’ai porté mes p’tites valises, et tu sais bien où je les porte, mes p’tites valises
  à l’orée du brouillard, mains mouillées sur la nappe
  à l’insu du haut vent, joues vérolées baisers rouillés
  ou verrouillés

  à un moment donné je n’ai plus eu la force
  de porter mes valises, elles m’ont déposé là
  et continué seules la route
  sans daigner se retourner
  sur mes cernes gonflées

  j’ai paille en l’œil, foin, tout un round baller
  un jour si gris me rend vieille fille, serre-tête en peau d’nichon
  un jour si triste en peau de couille un jour si rouille
  un sapin nu

  de l’universel là, en peau d’chagrin ou macérant au fond des intestins,
  je retire mon épingle – je fais donc je défais, je
  fais défection
  la très pure défection

  je te souffle sur la joue bon, ç’aurait pu être pire
  je te souffle dans l’vagin et ça gonfle, ça gonfle, puis ça dégonfle
  allez vas-y, promène tes p’tites valises, tes p’tites valises en peau d’sapin…

 

tout part d'un ventre creux

Published by


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *