les beaux quartiers

  il y a des hommes il y a des hommes, bon, il y a des gens aussi
  j’ai peur lorsque je m’adresse à toi, quelconque toi, ne pas m’adresser soulage mes nerfs
  il va falloir choisir désormais, choisir entre être mort
  ou être plus profondément mort encore

  personne pour me le dire
  personne pour le dévisager, comme on montre ses seins en soulevant son pull
  j’avale une sandre, j’avale toute la morve, j’avale tout l’océan si tu y tiens vraiment
  mais surtout ne m’appelle pas, surtout ne m’appelle plus, je ne réponds qu’en l’absence

  il y a un homme et ce n’est pas l’homme qui compte, mais la trace qu’il laisse en reniflant son slip
  j’appartiens à quelque chose qui n’appartient à rien, et donc je n’appartiens pas directement à rien
  et cela même alors que je n’appartiens, entretemps, à rien

  un cheval s’y met, un cheval rebrousse
  chemin
  quant à moi je n’abandonne pas – je succombe, certes, mais je n’abandonne pas
  étant plus que ma vie
  étant plus que moi-même, ou plus moi que moi-même
  attendant de n’attendre plus, tandis que déjà je n’attends rien

  un chien. une vague. peut-être la mer à côté
  on passe à travers : franchement, on passe à travers tout
  on appelle ça un homme, comme on appellerait ça n’importe quoi, n’importe comment
  en attendant on appelle ça un homme

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