le chemin, c’est celui que l’on prend

  ça laisse des traces
  par exemple j’me fous des claques, sur les fesses ou sur la joue et
  ça laisse des traces
  on se bave un peu dessus, soit, mais pas trop
  juste assez pour entretenir les séquelles juste assez pour
  les traces

  une folie passagère, que l’on a prise en stop
  on maîtrise les vitesses, bon, on maîtrise l’embrayage
  j’ai toujours quelque chose à te dire, cette révélation d’un rien profond, ce partage exclusif
  d’un néant abyssal, je t’embrasse dans la bouche

  un homme est un homme seul, même s’il se procure la compagnie d’un petit chat
  deux jambes en trop, j’ai toujours pensé que j’avais deux jambes en trop
  et que si j’avais pu m’appeler, je me serais appeler lolek
  lolek-hors-ligne

  il y a peu d’illusion, sauf à midi
  tout au fond du terrier, ou sur la cime d’un arbre mort
  faudra se réfugier, se porter disparu, le gilet de sauvetage élégamment porté
  avec des ci avec des là, on se rassérénera

  chien battu, mais dans une toute petite ville
  tu te souviens de moi ? j’étais celui qui
  celui que
  selon la pente…
  plus personne ne mourra cette nuit

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