pardon l’amour

  peu d’accouchées sur les bancs, et l’on tire de longues langues
  dès que je tombe amoureuse, je ne sais pourquoi, si je tombe amoureuse
  que je me liquéfie ou que je m’enfonce un coton-tige dans l’oreille, je sens, j’ai la certitude
  de n’être que métaphysique

  prends-moi par la main et conduis-moi à l’abattoir, si tendrement ça m’aide un peu
  un peu c’est déjà trop, il me faut absolument l’adresse
  d’un sinistre avocat
  je veux mourir, mais pas tout à fait pour rien
  je veux mourir presque pour rien

  ça me gêne disons de ne parler que de moi, mais je tiens à mentir le plus sincèrement possible
  donc je me cache derrière ton sexe, je cache mon sexe derrière ton sexe, c’est à dire l’âme nue
  ou la mort sans la mort
  la mort nue de la mort
  ça ne se mérite pas

  un chien est revenu d’outre-tombe. il incarnait l’innocence du mal
  notre souffrance est si profonde que ses racines ont percé le néant
  il devient de plus en plus difficile de porter une bouche
  des lèvres, une langue
  être vivant ne semble plus une évidence

  un homme se reconnaît à son sacrifice
  le sang d’un homme est vraiment blanc je t’assure
  on reconnaît un homme à sa détresse
  aux taches de sang, aux flaques de pisse. aux messages sans réponse
  on reconnaît un homme à ce qu’il ne se reconnaisse plus

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