là je ne chante plus

  tu me ding, tu me dong, tu me ding dingue dong. ça tombe tu penses à moi
  il n’y a rien dans mon livre qu’un ruisseau en panique
  tu lèves la main, mais si haut que je ne l’atteins pas. du coup je te mords le téton
  pour me venger
  pour te venger
  ou pour, risquant le tout pour le tout, t’atteindre quelque part, quelque part au plus près

  c’est un chien merveilleux, c’est un chien formidable, et quand il se dresse sur ses pattes de derrière et se met à bander, on croirait presque un homme
  heureusement qu’il ne mord qu’à la cuisse. heureusement
  qu’il ne vit qu’en pensée, comme toute pensée

  je sauve les morts, les morts solvables – ceux qui n’ayant vécu ne peuvent tout à fait mourir
  ils ne refranchissent pas la frontière qu’ils n’ont jamais auparavant franchie
  ceux qui écartent les jambes je les nique. ceux qui gardent les jambes serrées je les engloutis d’un geste sombre
  ou alors passant derrière je les nique également, d’un pur coquelicot

  tu vois, même encore à présent, je ne m’adresse qu’à soi, béance exubérante
  qu’il pleuve sur la neige ou verglace la pluie, je cours en marge, je cours en marge de soi
  ou de ses avatars
  là moi je suis nu de toi

  et dans la nuit qui plonge, et dans la vie qui a très peur, je t’arrête un instant
  entre le cerf-volant et la terre il n’y a que ma main, entre la main et le vent qu’un triste cerf-volant
  ce n’est plus qu’il faille mourir, mais que désormais on le doive…

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