il se résigne à n’avoir pas de vie, pas de vie c’est un naufrage
trois bouts de bois ne font toujours pas un feu
quelqu’un
glisse quelque chose à l’oreille du néant, une enveloppe vide
sur un registre similaire, voir s’attache à lui fermer les yeux
et pourquoi la mort lui accorderait-elle ce qu’obstinément l’existence lui refuse ?
il passe son temps à se contempler dans un miroir qui ne reflète rien, rien que le temps qui passe
sans plus daigner se retourner
il penche d’un côté
et quand il a fini de pencher d’un côté, le voilà penchant de l’autre
c’est ainsi qu’il s’enjambe, oscillant
de l’impossibilité d’être soi
à celle d’être autre
la mort à petits coups de ciseaux on la défoncera pas, on n’en fera pas
de la charpie. on restera coi sur le seuil des maisons, de toutes les maisons
toutes les maisons pendues à la corde de nos pas perdus, de nos piétinements
allez viens, mange ton chemin
au bout de la nuit il y a le jour
au bout du jour il y a le jour au bout d’la nuit
on n’en finira pas avec la nuit, on ne la changera pas
on aura beau tricher de tout le corps, tricher avec l’esprit…

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