de la renarde la fine gueule, la mamelle blême

  avec pour tout interlocuteur le vide – le vide en soi j’imagine, entre autres le vide en moi
  une vie régie par cette soif asséchante d’errance et de transcendance d’une part, et la pulsion amoureuse de l’autre, ou lorsqu’elles s’entrelacent
  la débandade en somme… après tout c’est le ciel, avant ça je quémande
  encore un peu de toi, que s’embrase le vide

  un homme est là, rouge en tout point
  comment donc est-il possible d’avoir une vie, une vie du feu de dieu ?
  j’en ai marre chaque jour de m’effondrer au pied d’une croix
  que n’orne nul crucifié – une croix vide, vacante, inébranlable inconsistance
  si je meurs c’est qu’un homme me rattrape. il me faut apprendre à faire sans

  touiller l’béton, on passe son temps toute queue dehors à
  touiller l’béton. personne ne me
  perforera le regard – le regard court, atalante, le regard floute
  à la balle au prisonnier seule la balle s’évadait, jusqu’à me laisser là, esseulé, sur un banc de côté
  ou sur la touche

  tu dis que tu meurs, mais tu ne meurs pas beaucoup. ainsi discrètement, j’embrasse tes fesses
  qui tient la pelle ? on se repasse la pelle. une pelle pour toi, une pelle pour le zombie – de quel espoir nais-tu ?
  un homme vit dans sa langue, un homme sur toute la langue – bave
  j’adore qui me tient là, au point névralgique, à peine si je rate ou si j’en jouis :
  ainsi discrètement, je tranche le nœud

  je me suis réfugié dans l’irréalité d’un bonhomme en papier
  en carton d’emballage
  – ne m’assujettis pas

 

de la renarde la fine gueule, la mamelle blême

Published by


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *