un tournant dans la vie, et mal le prendre vous envoie dans l’décor
dans l’décor
plutôt morne, le décor d’un tournant
mais dès lors qu’on retire le décor, que reste t-il ?
je parle à la différence
je lui demande à quoi, puisque je me le demande, elle ressemble
ressemble t-elle à ma propre dissemblance ? ressemble t-elle à sa propre ressemblance ?
je me demande à quoi, puisque je le lui demande, ressemble une espérance
vivre en cachot, vivre en cachotier
avec pour toute ouverture la main tendue d’une poignée de barreaux
et pour toute amitié une crampe perpétuelle, un carré de pernicieuses orties
vivre en crachat, en crachotant, vaille que vaille, portant sur le dos la misère d’un seul homme
et c’est pas cher payé
j’ouvre l’armoire et qu’est-ce que je découvre dans l’armoire ? rien. il n’y a rien dans l’armoire
un vide noir, inhumain
j’entre dans l’armoire, m’enferme dans l’armoire et qu’est-ce que j’y trouve ? rien. mon visage n’est pas celui que je pensais
celui que je pensais s’est dissipé avec les rêves. à la place de mon visage il n’y a pas de visage
c’est attention qu’il faut dire, c’est attention sinon tu vas mourir
ou sinon tu vas tomber
et tu tombes effectivement
pas vraiment besoin de volonté pour se relever. on se relève et puis c’est tout, avec la même inintentionnalité, la même immatérialité qu’il nous fallut pour tomber
la même impersonnalité, pour faire chic
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