ai-je déambulé sur la lune, un soir qu’il pleuvait pas ? c’était mouillé quand même
il me reste deux, trois, quatre bons points et toujours pas d’image – à quoi la pensée vaque t-elle ?
j’embrasse un ticket sur la bouche, c’est un aller simple et c’est belgrade
belgrade comme un baiser loupé, comme un dimanche en rade
c’est un aller simple et ça ne fait pas de vague
dieu n’empêche rien. il répond par leur nom à ceux qui vont sans nom
son nom leur nom
mais évidemment que tu n’envisages pas dieu il aurait fallu pour cela
enfouir profond la tête dans le néant purin, et ce jusqu’à l’exquise dissolution
où no-raison d’être embrasse à ce point ton être qu’on ne
les dissocie plus
les autres sur un pied, sautillent en cadence
laisse-moi seul avec moi seul, m’esseuler à moi tout seul, m’entends-tu ?
s’il faut se battre on se battra, la gueule défoncée, dans un cas comme dans l’autre
dès lors chacun se vautre dans son souvenir, sa petite zone interdite
un amoureux buvait, buvait – pour s’enhardir peut-être, se donner du courage
ou d’être tombé si bas
la mer monte, monte, insensiblement la mer
monte, insensiblement les bras m’en
tombent, tombent
et finiront – la mer, les bras – par se rejoindre un jour ou l’autre, par se croiser, les uns toujours plus profond
l’autre toujours plus haut, plus haut…
j’aime un jour de congé, un jour de congé c’est beau, un jour de congé c’est brave
je m’assois quelque part. il y a toujours un banc quelque part, il y a toujours une marche quelque part, de béton, de bitume
il faudrait boire un coup or le coup ne tombe pas. je me repose
je me repose d’une nuit sans trêve, d’une éternité sans flamme
si l’on ne fait rien, c’est que rien n’y fera
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