sous cloche

  peu de temps après, or peu de temps après
  on a supprimé tout le nécessaire, pour ne garder que l’essentiel
  c’est à dire rien, de ci de là, rien l’ennui de le penser, la peine de le vivre
  pencher du côté droit, pencher du côté gauche, puis pencher droit, raide droit
  à pic

  on ne met pas de fleurs à toutes les tombes, on ne met pas de fleurs
  à toutes les tables non plus, on débarrasse vite fait
  on ramasse les miettes
  la pain rassis le pain moignon, le rang qu’on rompt
  je m’allonge et je laisse la mort grandir en moi, prendre ses aises, élargir
  le champ de son action. ils me font défection

  mon corps ne débauche pas. ma bouche ne débouche pas
  personne à l’arrivée, un seul homme au départ, je triture mon billet dans la poche
  la première est toujours moche, la dernière est moche aussi, dimanche et jours de grève
  et le reste du temps, tout autant

  j’attrape mon paletot, tu permets que j’attrape mon paletot ?
  de l’eau jusqu’au mollet, mais l’espoir bien à sec, j’entrave la marche
  quelqu’un arrive par derrière et me prend par la main, j’entrave la marche
  je n’ai pu voir son visage, j’ignore de qui j’ignore de quoi : j’entrave la marche

  la dernière fois que je l’ai vue elle ne mettait déjà plus de soutif, ses seins
  ne lui disaient trop rien, œcouméniques
  j’ai mangé en deuxième classe. je crois même avoir voyagé – j’ai du rester assis
  tout le long du voyage. où l’on voyage assis
  assis mais guère tranquille

 

sous cloche

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