manger je hais le chat

  éradiquer la joie
  nous n’avons plus la légèreté de
  supporter l’innocence
  nous gardons malgré ce
  la détresse polie…

  il se passe en moi quelque chose de
  plus grand que de coutume
  l’ombre d’un arbrisseau a
  cru démesurément, s’y
  raccrochent les lambeaux
  grigris et ex-voto

  touche au sublime
  un peu plus en dessous, là
  remets les fleurs en ordre
  dans le vase brisé
  qu’au moins ça fasse propre

  il se cache quelque chose
  on ouvre grand la bouche, en laquelle
  macèrent des pensées louches
  la langue que l’on tire et qui
  troue la matière…

  si je comprends bien, je comprends rien
  le silex sou-
  lève une paupière, un poil que tu m’arraches
  de l’aisselle droite, celle dont l’épaule
  n’est jamais retombée
  – miséricorde…

  je ne paie rien
  les enfants ne paient pas
  le train ne démarre pas
  va falloir faire demi-tour, puis demi-tour encore, d’un geste de toupie
  non les enfants ne paient pas
  parce que les enfants ça compte pas

 

manger je hais le chat

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