manger les p’tites grenouilles

  indéterminé, j’écrase une couche
  disons que je me couche, ou ne le disons pas, c’est pareil
  ou c’est presque pareil, nul n’étant tout à fait
  pareil à lui-même, ou n’étant pas soi-même du fait d’être pareil
  donc jamais coïncidant à soi, jamais trop divergeant non plus
  avec des fraises tout en dedans

  j’amour obscur
  pourtant je ne dis rien, t’es bien témoin que je n’dis rien
  j’amour obscur c’est tout
  je m’demande s’il y a quelque part où m’asseoir, sinon je te demande à toi
  qui prends si peu de place dans l’espace, mais tant dans mon esprit
  mon esprit le trou
  l’esprit du trou

  quelqu’un me mange les doigts, je me demande
  si ce ne serait pas ma main – enfin, je dis ma main…
  je me demande
  et quand j’en ai fini de me demander, je te demande à toi
  là où cesse le je commence le tu, ou bien l’inverse, et vice versa
  ni l’un ni l’autre effectivement : ils ne font juste pas d’enfant

  la pluie par le milieu, le reste s’étiole sur les flancs
  je ne me souviens pas avoir chanté, cependant je sais avoir chanté
  je sais m’être trompé de route, quand bien même n’était qu’une seule route
  et que revenir à soi-même par l’idée que l’on se faisait de soi-même
  sur cette route tirait la patte

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