ils m’ont attrapé par les jambes et m’ont croisé avec un serpent
comment le néant se greffe t-il à une branche de prunier ?
ou le sexe d’un grand Il à l’entrejambe d’une
marelle bancale ?
j’admets ne pas connaître, j’admets
ne pas avoir connu, ni même y avoir collé ma bouche, poussé ma langue
un bout de chemin, pire : l’écho de pas obscurs sur ce bout de chemin, pire : un pan d’ombre étouffant l’écho de pas obscurs
sur ce bout de chemin, creux
avec un je au milieu, ou circonférençant le milieu
l’homme de personne et pourtant il a une vie, presque à lui
une vie comme un appel au secours, un 115 hors de servir, un homme hors homme
un vide que nul saut ne vient enfreindre
on parle de qui on parle de quoi, auxquelles oreilles en éventail ?
quand on n’est plus qu’âme, tout âme, en quel néant s’efface t-on ?
s’il faut sauter de quelque pont que ce soit de nul pont
ou alors de soi
du tout bas de soi
je ne suis d’aucun poème; aucun poème ainsi ne m’aime t-il
à peine prononcé mon nom que je me nomme déjà fuite
et fuite n’a de cesse…

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