la pluie c’était la pluie, le reste rien, trempé pour rien ou déployant un parapluie
les uns allaient, les autres revenaient, posant un cul au sec, ou décroisant leur verge
on s’aimera le temps qu’il faut, on se faufilera parmi les herbes hautes
les filles ratisseront les coins
on pourra lire et relire, entre les deux sauter les lignes
j’ai une route – une route malgré tout, ça s’inverse
un paysage rigoureusement plat également
je ne vais pas disparaître mille fois pour n’en réapparaître qu’une, et cependant…
j’avale tes poils ça cale une soif
dans la forêt y avait un borgne, et le borgne se caressait
si tu as vu un homme c’est que tu n’as pas vu d’homme
tu m’as bien vu pourtant, même si moi je ne t’ai pas reconnue. en plus de pire il y a pis que pire
il y eut un homme. un homme vient de se reconnaître borgne
un chien, rien qu’un chien
nous préservera de l’ultime
or moi je ne dispose pas de satan à mon bord, ni de rame élégante, pas même de premier amour
j’attends que la mort passe, et la mort passera, ainsi que passe ce pour lequel
nous avions renoncé à tout
les hommes sont les fantômes des hommes, l’herbe recouvre leurs champs
ou alors s’habillent en noir, une chaise à leur immédiate proximité
dés qu’il peuvent aller droit, ils insistent pour filer de travers, ce n’est pas le chemin qui leur manque
non vraiment, ils ne manquent pas de chemin
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