le vent s’est caché dans mes branches, il doit bien rester en moi quelqu’un
que je crains de décevoir, et dont la peine me ferait renoncer
aujourd’hui, je m’en vais manger la mer
aujourd’hui, je m’en vais à pleines dents mordre à même les couilles de la mer
car aujourd’hui, au nom de tout ce que j’ai jamais aimé, je m’en vais brûler mon âme
ou l’exact contraire
un chien mourra deux tu l’auras, tu ne me soulèveras pas le bras
sans en lécher l’odeur, et l’os, et la gamine au midi pile
s’il faut survivre c’est que la mort ne suffit pas, ne se suffit pas à elle-même, la toujours-à-la-traîne
la traînée
l’aveugle à la canne perdue
ta mère a le cancer et alors – moi aussi j’ai le cancer. un seul cancer pour tous
je marche dans la rue et alors – la rue fait semblant d’être plate, ou droite. en vrai, la rue recule devant moi
la flaque n’est là que pour s’y noyer, à moins bien entendu que l’on se décide
à y sauter pieds nus
tu me pardonneras hein, tu me pardonneras ? je sais que tu me pardonneras
et pourtant, ce pardon ouvre la possibilité d’un retour – maudit soit ce pardon
maudit soit le retour
le seul retour est devant nous, bouche ouverte
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