sous l’parapluie

  les hommes font de jolis morceaux, de jolis morceaux par terre, dans le miroir des femmes
  je suis tombé sur mes genoux et j’ai prié, j’ai prié jusqu’à ce que dieu ne me réponde pas essentiellement
  puis j’ai fermé le robinet, tellement fermé le robinet qu’il fuit depuis partout
  notamment sur les terrasses

  j’ai parlé pour parler, mais d’abord pour m’entendre. m’entendre signifiait que quelque chose était là, dont la voix parvenait
  je suis né par mégarde, entre deux poteaux de rugby et dans un champ de ronces – il faut bien mourir de quelque chose me diras-tu, alors je suis né quelque part :
  un des envers les plus pauvres du pays, dont la maternité justement vient d’être fermée, comme vient d’être refermée
  la cage où l’on prétend confiner le néant

  ils s’en vont, tous s’en vont, nous déchirant en partant comme si devenus trop lourds – eut-il été préférable de ne pas s’attacher ?
  je les aimais comme on aime une pompe et voilà désormais la pompe à sec, sifflet coupé
  j’ai tué dieu pour être seul, seul face à tous les absents du monde entier, et le monde en son entier
  tenait dans mon cœur vide

  un genre de mouche verte m’a piqué sauvagement, tandis qu’innocemment je siestais
  entre l’ici et le rien je fais le funambule – maigre la terre, avec un sexe au milieu avide de caresses
  si ton chien a un accent un tant soit peu picard bats-le, et si tu retournes à tes origines retrouve-toi face au
  premier venu, tout juste né de la
  dernière pluie

 

sous l'parapluie

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