dernier homme avant la mer

  je me suis mépris sur le sens à donner à mon inexistence, l’inexpression ne contenant que le deuil d’une porte définitivement ouverte comme à tout ce qui se rate

  il ne fit rien – par exemple de l’accordéon, du son en pressurant le vide, un minimum vital qui ne le raccorde qu’à l’idée de sa fondamentale inadéquation

  qu’un arbre crache la forêt ne lui rendra pas les dents propres. il a fallu l’allonger sur le dos, ou sur une planche, puis la casser au milieu

  apparemment il faisait rage. à l’extérieur non plus rien de très sage. la mort en mille morceaux a du grincer des dents, si j’en crois ma propre mâchoire

  main basse sur tout ce qui respire, ou fait mine d’exister alors tiens-toi coi, reste du bon côté du souffle et tout finira par s’apaiser dans un néant sans crainte, malgré le sang qu’il perd

  car dieu ne dispose plus que d’un seul œil, l’autre naviguant à vue de visage en visage et leur air incrédule reconstituant les signes
  d’un paysage en perdition…

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