dieu est mon ami, or mon ami est grand
je lui ai donc insufflé la douceur dans les oreilles et dans les yeux
j’ignore lequel je suis mais je discerne exactement celui que je ne suis pas et quand je pisse dessus,
il pousse un râle
les hommes ne meurent qu’un jour sur deux, les autres comblent les trous et de fait
accèdent à une forme subtile et inédite de la totalité
j’en fais un cube avec mes gènes, que je balance là sur le sommier crevé
si quelqu’un une seule fois m’avait appelé par mon nom, j’aurais porté ce nom
et tous les avantages qui vont avec, les pass par ci, les pass par là
passe un ange. un ange te dégomme une chatte
de loin me parvient le pâle écho de mes silences
tu te soulèves et je respire, tu retombes quand j’inspire. il y a des bouts partout
de queue nulle part, qui réunirait les bouts
on s’évade se rebelle pour se rejoindre un peu plus loin et pis merde, on se retrouve
nu comme un ver, se jurant de dévioler toute femme, tout garçon si solitaire soit-il
et perdant toute ses dents une à une dans l’évier
du qui-perd-part

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