nos vies ne dépendent pas de nous. elles grattent à l’est. elles tapinent
et chevauchant le grand rien j’ai rêvé toute une nuit. puis sans gémir, le corps au féminin
c’est banal. et si lourd. si lourd et si banal
j’ai le corps assassin, depuis tout petit j’ai le corps assassin. de la rouille en bouse
il faut que quelque chose se passe or la seule chose qui puisse se passer c’est le rien, revêtant quelque robe
en deuil, mais plus en deuil de rien, de quiconque ni personne
un homme s’est établi là par hasard. il a dit que se rejoindre impliquait de s’abandonner. il raconte n’importe quoi
il se raconte n’importe qui. un homme a retroussé les manches du naufrage. il bruinait sur ses cheveux
un homme a retroussé le gland de dans sa vulve
par le jet net, par le jet vide, j’ai abattu quelque chose, de l’ordre de la distance
je suis même allé quelque part, soi-disant
on n’a pas à se vanter d’être vivant, on n’a pas à se vanter d’être mort. entre les deux puant la pisse. renouant son lacet
récidive le néant
petits lardons, tasse de thé – qu’est-ce qui en définitive te tracasse la cervelle
je me suis mal exprimé. à moins que n’ait finalement déteint sur moi
l’ombre d’un faux nuage, la lassitude en plus. au bout d’une main mollement tendue les doigts un à un
se déchaussant

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