travailler quel soupir

  la nuit laisse-moi tomber. et dans la mort et demie m’ensevelisse
  j’ai changé de lunettes, j’en ai pris des vertes. ça n’a aucun sens
  la vérité perd ses poils – tous ses poils
  c’est la vérité nue

  je me jette dehors, avec la pluie
  avec ou sous la pluie
  le jour d’avant le jour d’après, le trou bien calé entre les deux
  l’oreille attrape un son. ou le son percute une oreille. dans un sens comme dans l’autre c’est rien
  t’en fais pas simple rupture, le cortex c’est rien

  quand on y va on y va. on n’y va pas quand même
  maria s’assoit dessus
  les caresses restent accrochées au granit. la peau s’écaille. pèle le doudou
  quand on y va on n’y va pas. c’est quand on n’y va pas
  ça ne se discute pas

  travailler quel soupir. je ne fabrique rien
  la terre prend mon visage. il ne restera rien
  rien c’est déjà beau
  beau c’est déjà trop
  j’aboie, j’aboie quoique je ne sois pas un chien
  ni un autre, chien ou pas

  on verrouille les issues. bon, les issues sont verrouillées
  chacun reprend sa place, puis occupe sa place
  les déserteurs désertent
  on leur caresse la queue jusqu’à ce qu’ils la crachent

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