dieu dump la résistance

  c’est à cela qu’on reconnaît une âme. elle chasse sur d’autres terres
  sur d’autres terres sous d’autres cieux, cet air soucieux, cet appétit pour ce qui ne se mange pas
  même à petites bouchées même
  au doigt levé et refuse de crever

  j’imagine un homme est-ce si fratricide que cela d’imaginer un homme
  auquel miroir tire sa langue, hargneuse, putréfactieuse. j’imagine un homme au lieu d’un trou
  un trou camouflé en homme. un rayon oblique de temps à autres y pénètre en sourdine c’est à qui
  se penchera le plus avant sans y
  verser de bord

  il y a un fou dans mon jardin il y a un fou, grandeur nature
  diagonale du bonheur je fais le choix, je tends le cou
  roucoule o ma douleur, diagonale du bonheur je tends la joue
  mange-moi la joue

  ça doit se voir
  qu’un œil me pend tandis que l’autre reluque, mèche rebelle
  un homme tient lieu de cadre au paysage mouvant
  de son deuil plastique – comment le tirer de là on ne sait pas. avec un treuil

  ça doit se voir et se savoir que je cherche, matin midis et soir à quatorze heures, ou la même heure aux
  matin midis et soir, ou plus tard dans la nuit quand sommeille en moi la brute, et s’en dégage somnambule
  une bouche lucide. les dents de la pitié. mordant à même le sein nu de dieu je dis je suis
  tout nu de dieu

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