hors périmètre

  tenir en équilibre sur rien : l’espace si friable n’est-ce pas – d’où ce vol éphémère, celui probablement d’un
  avion sans périmètre.
  cependant l’horizon reste clair. il a pénétré la maison. toute la maison. explosée la maison

  un chaos digne de personne et ça tombe bien, personne (ne) se dresse là, en tant qu’absent ayant toujours raison – preuve que le nombre ne compte pas.
  il y a toujours l’alcool facile, en vente libre, ainsi que les tensions faciales
  ce qui tire finira par tout déchirer les tissus, celui
  de ta robe y compris

  la porte à tous les vents, le vent emporte la porte.
  en équilibre donc sur moins que le vide, sur la forme-même du vide, lequel bien entendu sans fond,
  et démontre à tous nos auditeurs qu’effectivement, pour autant que cela fasse sens, tout repose
  sur un malentendu. triste malentendu

  à la photo sans pareil, ou d’un baiser sans contact. il pleut sur notre dame.
  notre dame aux pieds nus, les chevilles enflées entre deux prises de vue – on y glissera quelques accords mineurs, comme s’accouplent renards mouillant la toile de fond
  on y gagnera pas un rond

  pisser dans le paysage le rend plus réel en quelque sorte, plus physique
  comme si en faire partie interrompait notre dédoublement, nous extirpait de l’ombre de nous-mêmes.
  de quoi serais-je donc le paysage alors, évanescent d’évanescence, tache grise dans un coin du polaroïd
  ou l’avis de recherche placardé sur le couvercle d’un cercueil mi flottant, mi sombrant…

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