la pluie laquelle le sanglier

  ne pas être prend soin de toi. ne pas être se met à poil et c’est en ce sens-là qu’il faut le caresser, lui réapprendre à vivre, et les nomenclatures

  d’une seule vitre j’ai brisé toutes les pierres, ce qui libère l’espace en un sens. tu me diras trêve de sens et cela laissera comme un vide en substance, la trace indélébile au fond de la mémoire
  d’une patte en suspens (repliée sous le ventre)

  le peu de chien aboie en moi c’est toute une mort
  à arpenter – des fois qu’on ne saurait pas où elle mène, ni de quel trou se faire l’écho, ramasser des débris pour s’en coudre une couverture

  sans lieu originel (sans donc la possibilité d’un éventuel retour), casse toi la gueule, chute. souviens-toi qu’au fond dieu écartant les bras
  ne te rattrapera pas – l’as-tu jamais rattrapé toi, tandis qu’il tombait, tombait, tombait…

  homme sur les quais – de son plein gré mais que pourrait-il faire d’autre en fin de compte. se retrousser les bras, qu’ils ne dépassent piteusement des manches. ramasser les miettes que l’on jette au pigeons pour en faire son repas quotidien. finir par se douter que mourir debout ne suffira probablement pas…

  pleure beaucoup mon corps, ou mon corps pleure beaucoup
  il n’y a pas de raison qu’on se reconnaisse, qu’on s’estime, ni même qu’on s’aime
  toi tu te tranches la tresse d’un coup de ciseaux net et radical tandis que je
  plie les bateaux, et prends congé d’un monde où si les yeux pleurent beaucoup, du moins s’apaisent les couleurs

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