ok ben moi je nage

  on n’échappe à sa mort qu’en contemplant sa mort, en la surplombant. et c’est ainsi qu’on meurt deux fois, une fois debout une fois couché
  une fois mort une fois vivant

  je n’ai plus rien, pas même un mal de dent, une humaine insomnie, la promesse foireuse d’un présent compatible
  au ras du ciel, à peine plus bas, je me suis faufilé

  parquet flottant, ciel incertain – tous ces méandres d’un beau baratin. je sors ma petite bouteille d’eau elle ne contient que ça ma petite bouteille, chargée négativement en
  retour de courant

  le cimetière sous la neige, sauf quand y a pas de neige. ou quand on se réveille – c’est sûr ressusciter ça c’est du sport
  alors comment ne pas rester assis se dire certes la fin est raide, la mort si plane…

  j’ai pas d’pulsion. les pulsions sont trop courtes, et j’enchaîne les longueurs
  loin de tout mais proche de rien, je m’étale en langueurs, en langueurs exutoires

  du jeu dans les béquilles, du mords aux dents et tant pis si gâtées. on n’est pas mort tout l’temps faut pas croire – des fois même on fout le feu, on fout le feu à l’étincelle

  ton chien d’abord tu mords. ensuite tu meurs à jeun, de haute lutte mais à jeun. penchant du côté droit quand la mer monte à gauche, penchant du côté gauche le reste du temps
  ou bien le temps qu’il reste, comme tu veux

  où aller au-delà de l’idée qu’il n’y a que néant et miracle, que l’un sans l’autre s’excommunient, et que les filles pour faire l’amour généralement enlèvent leurs chaussettes   mais pas systématiquement

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