à la mort d’un être humain comment différencier la mort
de l’être humain ?
si peu ou humain soit-il par ailleurs ?
même si j’avais envie d’un pomme je ne pourrais pas manger une pomme
je pourrais être mort que je n’y croirais pas
apporte-moi du pain à lier. fais le moi manger
parle-moi de tout ce qu’on n’a pu aborder, la marée descendante
j’ai eu l’envie soudaine d’être mort, pour ne pas condescendre, ne pas souiller ce qui de toute éternité luit de beauté, puisque de toute éternité
mais crève la dèche. crève la mort. crève le chien dans l’cul du chien
et puis on n’a rien dit
on n’a rien dit, parce qu’on n’a rien dit
et accessoirement parce qu’on n’avait rien à dire
ou qu’il était trop tard pour dire
ou qu’il ne restait rien ne plus ni à faire
que dire
pour rien
parce que dire pour rien
depuis lors rien n’a changé – je suis toujours le fantôme de moi-même, l’amoureux d’une seule bruine
il va falloir y aller maintenant
je marche mais je ne marche pas, dans l’ombre mais dans l’ombre de rien
et quand il revint ce n’était plus qu’un animal, ou qu’à l’état d’animal
traînant sa queue dans la poussière, les ronces
grognant dans son sommeil
si je ne me suicide pas c’est que je ne sais pas quoi faire de la mort, pas comment on s’y prend, tant moralement que physiquement
et peut-être pas envie, tout simplement
je voudrais la serrer dans mes bras et pourtant elle n’est rien. je voudrais la serrer dans mes bras peut-être du fait qu’elle n’est rien
et que moi non plus je ne suis rien
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