il y a une tristesse c’est évident, quand l’existence et le néant en viennent ainsi à déborder l’un sur l’autre, à se baver dessus tant qu’on en parle
j’ignore de quel chemin la boucle, à l’oreille arrachée, d’un son tout écorché
d’un écho malveillant…
mes yeux tâtonnent dans le cadre d’un espace mortellement fini. immense mais fini, fini bien qu’inconcluant
il va falloir faire quelque chose. il va falloir se dire adieu. ne rien faire c’est continuer à ne rien faire, chemin faisant persévérer dans le non-être
qui est à l’être ce que le non sert à souper
je migre. un siège fermement fixé au transit, et vois donc comme il tangue… le transitoire ça nous dépanne
un jour par exemple. un jour de fête par exemple. où on ne fête rien, un coin pour les bougies
je me rendors jusqu’en pleine lumière
s’il fait beau c’est mon ombre se retournant contre elle-même – y a pas cause à litige, on s’aime comme on peut…
s’il fait beau c’est qu’il flotte, qu’il flottera toujours, et qu’en rêve la délivrance lève les bras – au ciel dis t’entends ça, au ciel ! – se rétractant dès qu’on fait mine de lui arracher
un poil de sous l’aisselle…
à la dernière limite je m’effondre, l’ultime et c’est pourquoi on la dénomme limite
je rage un peu d’entre mes dents. pas trop. je préserve le souffle long, courant du fond. ce n’est pourtant pas encore de moi dont je parle, en sus de l’avatar
je me rase à l’oubli
monnaie d’singe l’oubli
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