la nuit bouffe ton volet

  je t’appelle à pas de loup, c’est que la voix ne porte pas
  la vie pâtit d’un défaut de prestige – le vide pensé comme luxe ultime
  je retire une à une les épines du gland, de la moelle ou du fer
  pour une arcadie libre

  il ne s’appelle rien, dans tous les sens du terme
  il casse une tour devant
  de toute façon si c’est devant faut le casser, jusqu’à ce que mort s’enjouisse
  sans ça on tourne en rond

  entre la mer à boire et les boules de cristal, je fais le grand écart
  je me déchire le muscle si tu me déchires le muscle je te déchire le muscle
  j’ai toujours comme tu le vois su parler
  aux femmes et à leurs dames

  tout danse en moi, sauf la musique
  et ce si grand silence qu’on n’y pense jamais qu’au travers de la danse
  si je dis quelque chose c’est que cela m’échappe, et si je ne dis rien
  c’est alors moi un moment échappant
  à l’immense solitude, ce dialogue ininterrompu entre deux fois le même…

  je n’mange rien ce soir. d’ailleurs je ne mangerai plus rien dorénavant
  j’ai sucé mon pouce jusqu’au moignon, du pouce
  je ne m’écoute plus, attendant de passer et passant sans en
  penser davantage, ou par ouï-taire…

 

la nuit bouffe ton volet

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