cheval cheval, cymbale cymbale

  chacun va sans son guide, tenant par la main
  son schleu, son véritable schleu 
  quant à moi la nuit est morte, la nuit véritablement morte
  c’est pas grave, on enjambera son corps on enjambera
  notre propre cadavre

  je m’appelle un jour sans toi, mais qui est toi
  sinon l’absence, pensant les ruines ?
  pas de rail pas d’orchidée – qu’une douche
  froide et nocturne
  un wagon vagabond

  je m’appelle comme je veux, et d’ailleurs je ne veux rien
  le temps grésille ça mouille partout, de toute éternité les corps
  lèchent les corps, et s’évanouissent

  je ne mérite pas un nom je ne mérite rien
  sauf-conduit pour un ciel dégradé
  tu m’apportes un cheval moi je t’apporte la selle, percée
  le cheval lui aussi, passablement troué
  plutôt l’allure d’un âne en fait, d’un mule
  d’une robe de mal-mariée

  j’arbitrai – donc je n’arbitrai pas grand chose
  à cheval sur un disque, et il tourne, et il tourne…
  mourir ne ressemble t-à rien si seulement mourir
  n’ouvre pas grand les yeux

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