quelqu’un d’autre suivra, que l’on ne reconnaîtra pas
ou plutôt nous dépassera, comme on oublie un amour d’adolescence – qu’est-ce qui me prouve que j’ai vraiment vécu si ce n’est
peut-être cette interrogation-même
et le poids de mon bras se tendant vers le vase que deux ou trois tiges assassinent…
fuir dans le silence. avec la peau nue des mains sous le gant, la peau nue du gant sur le sexe. ça crispe
effectivement, la mort détend
c’est pourquoi il est à la fois vain et blasphème de présenter un miroir au visage d’un mort, de mort fut-elle accidentelle
je mange tout un poisson et j’ai la sensation qu’il n’en reste que moi, l’arête
je récuse l’image d’un homme auquel on tend une carte de visite dépourvue de toute indication, vierge d’identité
j’y lance une adresse en l’air, j’y inscris un nom au hasard, comme si le hasard était libre, comme si le hasard ne retombait pas de toute façon et à chaque occasion
sur ses pieds, qu’il avait grands, cela pour mieux te semer, mécréant
au bout de cent pompes, il n’éprouvait plus le besoin d’appuyer contre le sol – le corps hochait seul entre l’oblique et l’horizontale
c’est à la verticale que j’ai cherché mon ombre, quémandé la suppression de toute récurrence
en ligne de mire l’éternité, mais à cours de munition…

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