la nuit un vol cramé, vilain petit garçon

  seulement dans l’esprit qui s’ignore, s’ignore t-il tout au plus
  je marche tête à vide. la mort soigne la douleur, la douleur de mourir. n’y fais pas attention
  je marche jusqu’à ce que cède le sol, jusqu’à ce qu’à mon pas plus rien
  n’oppose résistance

  résiste la douleur. résister par la douleur. même les cheveux mouillés
  n’être d’accord avec rien marque un progrès par rapport à l’époque où une tasse de café ne présume rien du destin
  et pis d’abord je m’en fous. c’est notre façon à nous de flotter sur la mort, de faire le mort afin de
  ne pas la réveiller

  l’amour se compte sur les doigts d’un pied gauche. à retirer aux interstices la merde y ayant séché
  je lance ma ligne dans le miroir et j’attends, à la fois concentré et détendu
  une ombre se faufile dans l’eau noire, un obscur reflet. à quoi bon coudre les lèvres d’une bouche qui n’embrasse pas ?

  le néant tel qu’on y vient. ou tel qu’on en accouche, tombant dans le trou qu’en nous-mêmes creusons
  et vice versa
  j’allume une lampe, toujours une lampe semblable, à la clarté minimale et tout juste suffisant à invisibiliser l’obscur, lequel n’oppose aucune limite à
  la vision sans nom

  je saute à pieds joints dans mon âme. crois-tu que j’éclabousse ? il y a longtemps que je t’aime
  je me retourne d’un côté. cela fait autant mal, mais le mal change de côté, ce qui soulage l’un côté
  comment apprend-on à ne pas se réveiller ? est-ce en regardant toujours dans la même direction, et sans jamais lever ni
  détourner le regard ?

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