quelqu’un se brûle on lui coupe le feu

  c’est comme si je n’étais pas né. ayant vécu pourtant, donc sans réalité
  en fantôme mal sapé
  parfois carrément déchaussé

  on pourrait se donner rendez-vous, s’attendre chacun de son côté
  et ne jamais se retrouver

  c’est la mort qui se suicide à chaque inspiration
  je me mets à poil et même les chiens ne me reniflent pas
  donc je passe au travers

  petite nuit rideau tiré. le lumière n’éclaire rien. plus elle nous ressert l’évidence moins elle illumine
  comme tout un porte son ombre

  le froid nous prive de sommeil
  il existe diverses sources de froid
  on en couve un paquet

  je n’ai survécu qu’en trichant
  vivre prouve que je mens

  seule s’abolit la mémoire. raison pour laquelle nous nous évertuons à nous réduire au
  souvenir de nous-mêmes

 le jour où je manque à l’appel me voit enfin présent


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