si peu de joie remue en toi. plante-lui un clou

  des femmes minutieuses comptaient jusqu’à l’aurore
  : ce n’étaient que mes os

  le miroir je l’ai avalé, il est à l’intérieur de moi, je couche dedans
  depuis lors, j’imite ma mort
  non : je la simule

  je ne jouis pas. c’est un étranger en moi qui jouit
  il se rince la verge quand je pense mes plaies

  mon âme est un ulcère. il se laisse pousser les poils sous les bras
  on ne voit plus que ça

  parle-moi comme tu m’aurais parlé si je n’avais pas été n’importe qui
  chante-moi, pour la première fois de la vie chante, justement parce
  qu’il est déjà trop tard
  depuis le début trop tard

  un homme replie ses ailes
  un homme précisément, c’est qu’il replie ses ailes

  une fois pour toutes, mais toutes les fois pour une
  qu’on ne soit au moins pas mort pour rien de n’avoir
  vécu pour rien

  un mort vit à l’envers et ça ne se voit pas, du fait même qu’il est le dernier
  comme tout un chacun

 

si peu de joie remue en toi. plante-lui un clou

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