parpaings

  l’éternité change de mode; on peut dire que la fête est finie
  pomme noire, pomme malgré tout.
  là où je regarde fait grève le miroir, ne renvoie pas d’image
  ainsi faudra t-il encore s’embrasser sans savoir où se posent les lèvres,
  à se tordre la bouche

  il faudrait faire la lumière, avant tout faire la lumière
  sur ce qui nous restreint – éclaircir les bordures, mettre en relief les arêtes qu’elles saillissent
  lignes de vie brisées, ruptures d’anévrisme…
  une vie
  n’abrite qu’une vie sans toit, et c’est irréparable.
  cette lassitude également, d’aller de par le temps comme on pisse à côté

  j’ai comme un indien sous le crâne
  la conscience d’être
  creuse l’inégalité.
  j’ balance les dés – à peine heurtent-ils le sol qu’ils se transforment en billes
  et roulent, roulent, roulent…
  je tique une bille, au choc de l’ongle redevenue simple caillou, à la mobilité réduite.
  il neige au fond de moi, l’indien va nu, le sexe pris en tenailles tandis qu’yseult dans les bois
  soigne ses genoux
  raccommode les trous

  il vente dans le vide
  un cube d’espace vide, dont le dehors
  est contenu tout au-dedans
  – ainsi la totalité échappe t-elle à la représentation.
  je rêve avec nadja, rêve avec maïté, les aisselles rasées
  infinis dépareillés. le cube ni le vent ne savent le chemin d’un retour.
  il neige au fond de moi, conscience nue
  il faut apprendre à vivre me diras-tu, sans
  et sempiternellement, sans
  me tombe des mains, béantes

 

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