en cage ou l’animal

  qu’est-ce que tu me serines ? un bond dans le saut ne m’évade de rien
  l’écarte les bras
  je dis : l’écarte les bras blancs comme des linges, des cuisses de poulet. i pleure un ch’veu
  i ou l, pas d’importance
  on a fini par les confondre, confondre en genre
  et en nombre, à cran dans les dortoirs. un saut dans le bond je te dis
  ne soulage de rien

  qu’est-ce qui me prend, ou qu’est-ce qui m’emmène, on dirait que ça lâche
  on dirait que ça tombe
  des cordes. des trombes. des fausses notes il faut si peu
  pour fausser une note et plus c’est peu, plus fausse sonnera la note.
  je plonge en plein désespoir ça ne fait pas d’éclaboussures

  affole pas
  les ours on les mettra de côté, on s’occupe pas de ça
  je sais, on s’occupe de rien, de divers et menus, de si peu si menu
  à se gratter le coude
  à se gratter le coude ça se met à puer, et puer sur la table
  on finira bien par y monter, un jour, sur cette table. l’escalader, même si
  on n’ira jamais plus haut que le plafond. sauf à s’y pendre.
  on s’y pendra d’en bas

  le dieu qu’ils ont brûlé j’ai du pisser dessus, pour l’éteindre
  et toute la poussière des mondes m’a fait pleuré les yeux – heureusement j’avais, et j’ai sorti
  un léger mouchoir blanc, tout en papier
  et je me suis mouché, comme ça discrètement, entre un dieu macramé
  et la poussière dans l’œil

  c’est ma maison qui déménage, et tout l’espace – moi je ne sais pas bouger
  en fait ce n’est pas la mienne de maison, et l’espace sans morale
  perdure à mes dépends.
  j’ai tout de même gardé le réflexe équivoque de tourner la poignée
  de la fenêtre dans un sens, et dans l’autre sans l’ouvrir
  ni la fermer. l’ouvrir ni la fermer.

Published by


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *