le dos contre la machine

  j’apprivoise l’idée d’une autre vie, d’une autre voie menant à une autre mort plus exactement, et pourquoi pas un autre genre de mort

  ce n’est jamais vraiment si pur. jamais si pur, vraiment
  on s’attendait peut-être à quelque chose, peut-être même à quelque chose… d’autre
  qui végéterait là quelque part accroché à la paroi intestinale, ou plus au fond encore

  nous ne vieillirons pas ensemble, supposé qu’on vieillisse jamais
  on suit une piste et parfois cette piste nous fait tourner en rond, en bourrique autour d’un arbre seul, à la rigueur d’un pâté de maisons – fut-ce d’un univers entier que cela ne changerait pas grand chose, disons n’ajouterait rien à ce qui, déjà, n’existe pas
  ou ne le réclame pas

  le poème le plus profond qu’on ait jamais composé s’adresse à mon ami pierrot. j’ignore si l’on continue à en bercer les enfants. j’ignore si l’on berce encore les enfants. j’ignore si naissent encore des enfants. si tous les enfants n’ont finalement pas été noyés dans le lac, et grattent le fond du lac, fredonnant chacun pour soi ma chandelle est morte, plus loin suppliant que l’on ouvre une porte, ce qui n’est pas évident après tout, quand bien même on pourrait supposer qu’une porte est précisément faite pour qu’on l’ouvre, au moins autant que pour rester fermée
  fermée n’est pas coutume

  crescendo et ça tombe, et ça roule entre les pattes. ça finit comme ça, probablement toujours
  comme ça.
  alors un peu d’silence, s’il vous plaît

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