la mort en autosuffisance

  le soir je passe à côté de ma douleur, où ma douleur me frôle. on fait comme si on
  ne se reconnaissait pas, le premier de nous deux qui criera
  nettoiera le vomi

  lui sers pas de café. de café il n’en prend pas. noir
  et le voilà qui plane, pense qui pense à quoi qui pense à dieu
  sait quoi et dieu comme ils s’en vont
  ils s’en vont de plus belle…

  le matin m’ouvre la porte, la porte s’ouvre tout l’temps. la porte s’ouvre tout’ seule
  rien, jamais, ne se fera vraiment. ni totalement
  le contraire m’eut à peine étonné

  la vie quitte ma vie. c’est dehors qu’il fait froid. dehors a toujours froid
  la vue quitte mes yeux. elle tombe
  sur tout ce qui rougit, elle tombe

  tout ce dont un homme est mort – il en fait une avec sa langue
  il ne se passera rien. plus rien. le vent d’ouest tombera. alors se lèvera, vertigineux,
  le vide lumineux.
  même pas

  il ne se passe rien. je crois que, à l’orient, quelque chose s’éclaircit
  par contumace.
  ou seulement sur nos corps

 

la mort en autosuffisance

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