le soi est la valeur. marie est une voleuse

  tous ces vendredis peu saints, à ronronner au soleil du dedans
  silence cousu aux lèvres
  l’inférieure soutenant la supérieure, tandis que la langue
  chasse au milieu
  elle chasse, la langue
  elle est à l’affût
  tiens, là tout à coup elle fuit

  elle fugue trois jours sur quatre, elle fugue
  elle rentre le vendredi. en général, c’est le vendredi qu’elle rentre – chez nous le vendredi
  tombe tous les trois ou quatre jours, parfois cinq
  parfois jamais. alors elle ne rentre pas. on ne la voit plus
  et ça me rend malade

  donne la patte de devant
  soulève celle de derrière pour pisser
  c’est bien, comme ça c’est bien. c’est même mieux
  tu marches devant à quelques mètres de distance, comme mu par une inspiration livide
  tu manques de souffle
  après avoir manqué de souffle, tu manques de poids
  et du coup ni t’envoler ne puis, ni retomber
  – on n’est pas dans la merde…

  le lundi je pars en vacances
  chaque lundi, et je n’en reviens pas
  c’est comme ça que j’ai réussi à ne pas lever le moindre petit doigt, à ne pas le passer
  par le chas d’une aiguille
  depuis que je n’aime plus les mouches, depuis que l’eau sans bord, les lèvres sèches
  je n’sais pas, je l’ignore – je n’ l’imagine même pas

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