commettre un voyage
sidéralement immobile, j’ai la tendance
quand il montre du doigt, il ment
quand il élève la voix, il ment
il lui suffit de mentir pour paraître crédible, ravale sa gangrène
tuer une heure, deux heures, allons – mais toute une vie ?
pilleur de tombe, les jambes bien écartées
un petit miroir en tain, ramassé des décombres
c’est un animal bizarre, je m’y épie
je m’y regarde mais ne m’y reconnais pas, ou pas vraiment
une vague ressemblance, peut-être…
il cherche un peu, tombe sa cendre – lui là, l’inactuel
dégommer l’plongeon, c’est ainsi que j’envisage sexuellement
ce départ de fumée, pisseuse matinée
on prie devant sa porte
ou sur son tapis de yoga
son miteux tatami
on prie sur les genoux, dos au mur voilà qui
rehausse le ton
paumé ça crève d’envie, déjà de revenir
j’aspire une pomme, toujours la même, avec à l’intérieur
calé le même trognon, le même procédé de pépins, semence épilatoire
un cil de poisson-femme, afin de recoudre
les absences, et tout ce qui en soi
se trouve décousu
marée haute, basse, plus basse encore
marée qui tangue. sur son cheval de mer
ou le long du canal, ballade forcée, dans les pas saugrenus des noyés
ou encore la main engoncée dans le slip
d’une mésange taciturne
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